L’ttachement à la nature repose sur la reconnaissance millénaire de la source de la vie – nature mère nourricière, et sur un principe de plaisir, plaisir de contemplation et sentiment d’harmonie. Ce plaisir – ou le sentiment de la perte de plaisir quand la nature est dégradée, constitue un moteur de la protection de l’environnement et donc une raison de s’engager en faveur du développement durable.
Mais ces derniers temps, il disparaît peu à peu au profit de deux autres moteurs, mobilisateurs également mais uniquement sur le court terme : la culpabilisation et l’alarmisme. Ceux-ci posent une question essentielle et un peu complexe : peut-on parler de durabilité du message sur le développement durable ? Autrement dit comment susciter le désir d’agir en faveur d’une cause, sans risquer de lasser ou susciter le désespoir ? Quand on parle exclusivement de catastrophes climatiques imminentes, de disparitions inéluctables et de décroissance obligatoire ne risque-t-on pas de démobiliser ? Le travail d’information n’est il pas terminé ? Ou encore ne doit-on pas passer à la phase 2 du développement durable : susciter un désir de fond et de long terme pour l’action ?
ans un contexte ou le développement durable subit de plein fouet les effets secondaires des termes galvaudés sous les effets de mode, passer à la durabilité du message sur le développement durable nécessite peut être de revenir à des principes d’action élémentaires, de responsabilité et d’utopie.
our leur première édition, les Ateliers de la Terre tenteront de redonner une place au désir d’agir.
e cadre ouvert par la ville de Courchevel est à ce titre tout à fait singulier et intéressant. La montagne présente en effet de multiples particularités caractéristiques d’un système fragile qui hésite entre un statut de lieu de préservation/protection et lieu de vie en constante évolution. Certaines questions demandent ainsi un arbitrage :

  • L’espace urbain des stations cherche à s’étendre au dépend de la préservation des espaces
  • Le réchauffement climatique met en péril l’activité touristique et économique traditionnelle
  • Le maintien des sports dits de nature, s’appuie de plus en plus sur l’artificialisation de l’environnement
  • L’identité d’un terroir qui accueille des milliers de visiteurs internationaux est en pleine mutation
  • L’ensemble de ces enjeux exerce de fortes pressions sur les ressources en eau

et arbitrage entre un développement et la protection des ressources est le fondement même du développement durable.
ais ces questions, qui se posent à une échelle locale, sont tout aussi bien généralisables à une échelle plus globale. Comment réduire le réchauffement climatique en ménageant la croissance économique ? Comment préserver les ressources naturelles dans un contexte d’essor démographique ? Doit-on tout simplement préserver ou accepter l’évolution ? Cet arbitrage questionne bien évidemment la notion de développement.
vec en toile de fond la problématique du désir d’agir, les Ateliers de la Terre proposent de poser les questions qui font débat et à côté desquelles passe la plupart des conférences aussi bien internationales que nationales sur le développement durable : les entreprises qui font du développement durable, s’orientent-elles vers la définition d’une nouvelle forme de citoyenneté ? Dans l’urgence, doit on privilégier la lutte contre l’effet de serre au dépend d’autres causes environnementales comme la protection des ressources en eau ? Quel avenir pour le secteur du tourisme dans un contexte climatique changeant ? S’oriente-t-on vers une artificialisation de la nature ? Quels rôles ont les médias dans la diffusion de l’information sur le développement durable ? Quelle place doivent occuper les patrimoines culturels dans le développement durable ? Doit-on préserver ou laisser les changements s’opérer ? Luxe et développement durable sont ils des antithèses ?
es questions donneront lieu à autant d’ateliers qui feront intervenir des décideurs, des chefs d’entreprises et des experts scientifiques. Chaque atelier abordera dans un premier temps la problématique d’un point de vue local comme support à la réflexion à travers l’évocation pragmatique des grandes aventures humaines en milieu naturel, de l’histoire des hommes et de leur patrimoine. Le débat sera élargi dans un second temps à une échelle plus globale.